Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
Pour la Paix et la Cohésion Sociale par une approche interreligieuse
Accueil Qui sommes-nous ? Nouvelles Emissions CIPP InovarCA Partenaires Contact
Imprimer Retour

  Nouvelle / Emission

10/07/2021 - Bambari

Bambari : mauvaises conditions de vie des Peulhs déplacés à la mosquée centrale


Chassés du site d'élevage depuis le 4 juin dernier par les forces de l'ordre, les déplacés peulhs, qui ont trouvé refuge à la mosquée centrale de Bambari, se trouvent dans une situation précaire. Manquant d'eau potable et de nourriture, beaucoup souffrent de maladies diverses comme le paludisme et la diarrhée. Au plus fort de la précarité, quelques ONG et organisations internationales, à l'instar du CICR, de MSF et du PAM, sont intervenues pour fournir de l'eau, de la nourriture et une assistance sanitaire aux déplacés.

Installés sur le site d'élevage depuis le début de la crise marquée par les exactions du groupe rebelle Anti-balaka (prétendument affilié à la communauté chrétienne), ces déplacés ont été chassés du site et accueillis à la mosquée centrale de Bambari. Même s'ils bénéficient d'aides des organisations non gouvernementales (ONG), leurs conditions de vie restent préoccupantes.

Selon l'imam de la mosquée, Aboubakar Souleymane, c'est une situation bien triste. Car lesdits déplacés dorment sous des bâches ; d'où des incommodités quand il pleut. « Nous les avons accueillis immédiatement, car ils n'avaient plus de lieu de logement après le site d'élevage. Notre souhait est que la sécurité soit consolidée dans la ville pour le bien-être de tous. Après notre plaidoyer auprès des autorités locales, ensemble avec les membres de l'antenne de la PCRC de Bambari, le gouvernement a choisi un site pour leur relocalisation.  C'est au PK 10, axe Kouango. Pour l'instant, des dispositifs sont en cours  pour aménager le site », a-t-il expliqué.

Faute de sécurité, ces déplacés craignent pour leur vie. Ils ne souhaitent aucunement rejoindre le site de PK10 choisi par le gouvernement. Certains préfèrent rejoindre leurs parents dans les villes comme Bandoro, Bria et Bangui. D'autres souhaitent, pour leur sécurité,  être installés sur un site proche de Bambari. C'est ce qu'a souligné Hadja Kaltouma, présidente des femmes du site de déplacés. « PK10 est éloigné du centre-ville. Nous sommes à la merci d'attaques des groupes armés. Nous préférons un lieu sécurisé et assez proche pour que nous vaquions librement à nos occupations. Nous avons tout perdu, y compris le bétail ; nous n'avons plus de champs pour cultiver », a-t-elle indiqué.

Sur 8.835 déplacés, beaucoup ont rejoint récemment les maisons d'accueil dans les quartiers, ou Bangui, chez des parents. Les 3.000 qui restent à la mosquée centrale plaident auprès des autorités l'amélioration de leurs conditions de vie. Les déplacés, faut-il le souligner, ont été chassés du site d'élevage par les forces de l'ordre, qui les soupçonnaient de collaborer avec les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC). Ceux-ci avaient attaqué une position des Forces armées centrafricaines (FACA), sise près du marché à bétail.    

© PCRC-CellCom – Stève Martial Mbétissinga   

Publié par le PCRC