Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
Pour la Paix et la Cohésion Sociale par une approche interreligieuse
Accueil Qui sommes-nous ? Nouvelles Emissions CIPP InovarCA Partenaires Contact
Imprimer Retour

  Nouvelle / Emission

09/06/2021 - Centrafrique

Centrafrique: victime des exactions de la CPC, l'apôtre Guerekoyame Gbangou lance un vibrant appel à ses compatriotes


L’apôtre Nicolas Guerekoyame Gbangou est le président de l’Union des Eglises Elim et membre fondateur de la Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique (PCRC). De retour d’une mission (tenue du 26 mai au 2 juin 2021) au siège national d’Elim à Alindao, la délégation, en route vers Bambari, a été attaquée par les rebelles de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) dans la Basse-Kotto. L’apôtre a donné une conférence de presse, le 9 juin matin, à Bangui, pour donner davantage d’éclairage. Mais aussi pour faire une série de recommandations à ses compatriotes.

D’emblée, l’apôtre Guerekoyame Gbangou a indiqué que la zone est hors réseau téléphonique. Les assaillants ont attaqué le convoi composé de plusieurs véhicules, y compris ceux de l’ONG internationale Cordaid. Or, chaque année, l’Union des Eglises Elim tient ses assises au siège pour se pencher sur la vie de l’Eglise et prendre les grandes orientations. Le cortège a bénéficié d’un convoi de la MINUSCA, malgré un certain retard au retour. Les rebelles de la CPC ont tout pris, effets personnels et argent. Sept véhicules ont été calcinés. L’apôtre, qui n’était pas touché, est retourné vers l’arrière pour se constituer en «prisonnier » avec les autres victimes. Car en effet, le thème des assises était : « Le devoir du berger vis-à-vis des brebis en temps de crise ».

L’apôtre a précisé qu’aucun mort n’a été déploré, aucune personne n’a été prise en otage. Il a fallu marcher, une heure durant, pour rejoindre le village le plus proche, situé à trois kilomètres de là. Il est entré dans le vif du sujet en lançant un appel aux Centrafricains. « La classe politique doit apporter une solution durable à la crise qui n’a que trop duré. Aux forces de défense et de sécurité, je demande de défendre la population, en se gardant de lui extorquer de l’argent. Les autorités administratives sont appelées à respecter la Constitution, protéger la population et engager un dialogue constructif avec tous les fils et toutes les filles du pays. La société civile doit rester apolitique pour être le porte-voix des sans-voix qu’est la population. Les confessions religieuses doivent “relier” les uns aux autres, quelles que soient les différences ; prêcher la paix ; éviter le sectarisme à des fins inavouées. A la population, je demande de comprendre que nous n’avons qu’un seul héritage, un seul bien commun : la Centrafrique. Eviter le tribalisme, le régionalisme, le clanisme et tous les autres maux qui divisent. Les groupes armés doivent arrêter les exactions contre la population sans défense. Ayez le cœur humain, car chacun devra rendre compte à Dieu, le jour dernier », a-t-il lancé !

Enfin, le conférencier a remercié la MINUSCA pour son escorte qui a été « d’une grande utilité » pour toute la délégation. Il n’a pas oublié « les frères et les sœurs » qui ont prié pour leurs leaders pendant les moments d’angoisse.

© PCRC-CellCom – Nicolas Ndagiye

Publié par le PCRC