Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
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  Nouvelle / Emission

07/04/2021 - Centrafrique

Les musulmans du 6e arrondissement demandent la réouverture de la mosquée de Pétévo.


En 2013, la mosquée de Pétevo dans le 6e arrondissement de Bangui a été détruite lors des événements violents qui ont déchiré le tissu social dans ledit arrondissement. Depuis lors, elle n’a pas été reconstruite. Aujourd’hui, la réouverture de cette mosquée est une condition pour permettre à la population de cet arrondissement de renouer sa cohésion sociale. En vue de consolider un climat de vivre-ensemble intercommunautaire, les confessions religieuses du secteur annoncent la reprise des activités de la mosquée.

Réunies le 7 avril 2021, les différentes dénominations du 6e arrondissement et les autorités locales ont réfléchi sur les mesures à prendre pour faciliter la liberté de déplacement de la communauté musulmane afin qu’elle puisse accéder à la mosquée pour les prières et la vie communautaire du culte islamique. Cette journée a permis aux responsables religieux de rappeler aux participants le bien-fondé du vivre-ensemble dans un pays en voie de sortie de crise.

Pour l’imam du 6e arrondissement, la religion reste et demeure le moyen déterminant de consolidation de la paix. Il a exhorté la communauté du secteur d’accompagner les musulmans dans cette dynamique de reprise des activités de la mosquée de Petévo. Ainsi cela contribuera au retour définitif de la paix sur toute l’étendue du territoire national, car le 6e est un arrondissement d’accueil. L’imam Abdoulaye Wasselegué, secrétaire général du CSISCA (Conseil Supérieur Islamique de Centrafrique), membre du conseil d'administration de la PCRC, s’est exprimé en ces termes : « La religion est un catalyseur et régulateur de la vie en société, ainsi pour l’homme si la religion ne rentre pas dans son existence il lui manquera beaucoup de chose ». Toute personne choisit sa religion de manière libre ; les musulmans du secteur doivent pouvoir pratiquer leur religion librement et pacifiquement ; aussi toutes les couches sociales et religieuses doivent leur apporter un soutien pour la réouverture de la mosquée en vue de maintenir le vivre-ensemble jadis fragilisé par les violences, a-t-il insisté. Pour l’heure « il n’y a plus de raison que les musulmans ne puissent pas exercer leur prière de manière libre. Luttons ensemble pour ce projet », a-t-il déclaré.

Selon la jeunesse islamique du 6e arrondissement, on est mieux chez soi. Depuis la destruction de ce lieu de culte, la communauté islamique accède à d’autres mosquées de Bangui ; mais il est préférable et souhaitable de pouvoir prier dans la mosquée de son quartier. Cependant un préalable à la réouverture de la mosquée est de conscientiser toutes les composantes du secteur. Il faut aussi amener la population à se débarrasser des traumatismes qui l’ont affectée durant les crises et la sensibiliser afin de ne pas retomber dans les mêmes circonstances du passé. L’amour et le respect mutuels, quelle que soit la dénomination, et un esprit civique sont nécessaires afin d’éviter que, une fois reconstruit, ce joyau ne soit de nouveau détruit.

Le président de la jeunesse islamique Ben Nafi Ougba apprécie cette initiative. « La religion reste un point incontournable pour le développement de la société et du vivre-ensemble ». Le résultat attendu de cette sensibilisation est que chaque entité du 6e arrondissement s’engage à accompagner ce projet de reconstruction de la mosquée de Pétevo ; puis une fois opérationnelle, sa réouverture et sa protection avec l’objectif de favoriser la cohésion sociale et le retour définitif de la paix dans ledit arrondissement. Quant au maire du 6e arrondissement, Rancette Makaké, elle demande à toutes les communautés de s’impliquer davantage pour l’accompagnement de la reconstruction et du fonctionnement de cette mosquée qui va désormais desservir la communauté musulmane du secteur et des environs. 

Cette journée d’échange a été initiée par la jeunesse islamique du 6earrondissement en partenariat avec la MINUSCA qui réintègre son appui à la reconstruction des mosquées détruites lors des crises qu’a connu le pays.

© PCRC-CellCom – Claire Stéphane Kokanzo

Publié par le PCRC