Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
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  Nouvelle / Emission

08/09/2020 - Bossangoa

Les ex-combattants antibalaka de Bossangoa favorables au retour des musulmans dans la ville


Les antibalaka de Bossangoa, chef-lieu de la préfecture de l’Ouham, se sont opposés depuis plusieurs années au retour des musulmans originaires de la ville. Grâce au plaidoyer des leaders religieux de la Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique (PCRC), ils sont désormais prêts à accueillir leurs frères qui ont quitté la ville de Bossangoa à cause des évènements malheureux que la ville a connue.

Du 31 août au 03 septembre 2020, une équipe de la PCRC, conduite par les trois leaders religieux, Dieudonné cardinal Nzapalainga, l’imam Omar Kobine Layama et l’Apôtre Nicolas Guerekoyame Gbangou, a organisé à Bossangoa, des causeries-débats sur le plaidoyer ciblé, la prévention des rumeurs et les discours de haine. La rencontre avait connu la participation de plusieurs dizaines des leaders religieux et communautaires, des autorités locales ainsi que des chefs des antibalaka de la ville.

Les sages fondateurs de la PCRC en ont profité pour plaider en faveur du retour des croyants musulmans dans cette ville. En réponse à ce plaidoyer, les leaders des antibalaka se disent favorables à faciliter le retour. « Nous avons mené depuis fort longtemps des actions pour ramener la paix et la libre circulation à Bossangoa. Pour étayer ces actions, nous devons faciliter le retour de nos concitoyens d’obédience musulmane avec qui nous avons vécu ensemble. Nous sommes prêts à pardonner et à recevoir nos ennemis. Nous voulons tourner cette page », a déclaré Bertin Namzoka, un des leaders antibalaka de Bossangoa. Il appelle aussi au changement de mentalité de certaines brebis galeuses au sein de la communauté musulmane, afin de sauvegarder la cohésion entre les deux communautés. « C’est le suivisme qui a engendré toutes ces situations. Je demande à mes frères et sœurs de la communauté  musulmane à se joindre à nous dans cette dynamique pour garantir le vivre-ensemble et collaborer avec les forces de défense et de sécurité déployées pour surveiller notre région », a-t-il renchéri.

A l’heure actuelle, au moins un vingtaine de musulmans sont présents dans cette ville. Même sans abri, ils vaquent librement à leurs occupations. L’imam Omar Kobine Layama, président du Conseil supérieur islamique de Centrafrique (CSISCA), s’est réjoui de cette tolérance. « Il y a déjà une présence musulmane à Bossangoa. Les deux communautés veulent reconstruire la paix et le vivre-ensemble d’antan. C’est ce que nous avons pressenti ici. La ville de Bossangoa doit servir d’exemple pour d’autres régions de la Centrafrique », a-t-il souligné.  

La population de  Bossangoa a, quant à elle, demandé au gouvernement et aux partenaires au développement de fournir des moyens de subsistance à ceux qui sont dépouillés de leurs biens. A cela s’ajoute la reconstruction des habitations détruites durant les tragiques évènements.

© PCRC-CellCom

Publié par le PCRC