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  Nouvelle / Emission

07/09/2020 - Centrafrique

Les évêques de Centrafrique demandent un processus électoral apaisé


Dans une lettre pastorale rendue publique le 6 septembre courant, les évêques de Centrafrique ont demandé au gouvernement et aux acteurs du processus électoral de respecter les règles du jeu démocratique. En évitant notamment l’ingérence des pouvoirs publics ou des représentants de l’Etat dans les activités relevant de l’unique compétence de l’Autorité nationale des élections (ANE).

 La lettre pastorale des évêques s’articule autour de plusieurs sujets : les élections de fin décembre 2020, la sécurité, la justice sociale et les droits de l’homme. Au sujet des élections, ces princes de l’Eglise invitent le gouvernement à renforcer l’ANE, institution en charge de l’organisation des élections. Ils exhortent à éviter toute interférence avec d’autres échelons administratifs (ministres, préfets, sous-préfets, maires, forces de sécurité intérieure, forces armées centrafricaines) dans le processus électoral ou les meetings des partis politiques. Ils invitent les acteurs internationaux êtres «neutres, impartiaux, honnêtes et indépendants» en vue de garantir un processus électoral apaisé qui facilite la reconstruction du pays.

Sur le même sujet, les évêques appellent à la création des conditions nécessaires pour l’exercice des droits civils et politiques. Ainsi qu’une meilleure adhésion de tous les Centrafricains à un processus électoral crédible. Ils demandent de garantir la sécurité aux différents acteurs : électeurs, candidats, chargés des opérations électorales, éducateurs d’électeurs, observateurs électoraux, représentants des partis politiques et des médias.

 Les groupes armés doivent revenir dans l’Accord politique

S’adressant aux groupes armés, l’épiscopat invite les rebelles qui contrôlent 80% du territoire et  tirent profit de l’APPR-RCA de respecter leurs engagements en facilitant la libre circulation des personnes et des biens. « Ces leaders rebelles jouissent de tous les privilèges, en particulier la pleine liberté de mouvement et l’impunité malgré la poursuite continue des exactions sur le terrain. L’accès aux autorités leur est garanti. Ils se plaisent dans le business de la guerre, érigé en modèle économique du sang humain », ont fustigé les évêques.

«Les groupes armés sont impliqués dans des crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, les crimes environnementaux et les pillages à grande échelle de nos ressources minières. Sûrs de la protection de leurs parrains, ils soutiennent, organisent, installent et enracinent partout dans le pays la transhumance armée et tiennent une administration parallèle. Ils s’opposent à la restauration effective de l’autorité de l’État par les conquêtes de nouvelles localités et les attaques armées contre les institutions de l’État», ont-ils dénoncé.

 Toutefois, les évêques évoquent des « signes d’espérance », à quatre mois de la présidentielle : la reconstruction de l’armée avec le soutien de l’Union européenne et de la Russie, ainsi que le redéploiement de l’autorité de l’Etat dans plusieurs provinces du pays.

 © PCRC-CellCom

Publié par le PCRC