Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
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  Nouvelle / Emission

07/10/2020 - Kaga-Bandoro

Kaga-Bandoro : rencontre séparée des leaders de la PCRC avec leurs ouailles


Dans le cadre du retour de l’unité, du vivre-ensemble et de la cohésion sociale, gages d’une paix durable à Kaga-Bandoro (centre du pays), une délégation des leaders de la Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique (PCRC) a séjourné dans cette localité du 7 au 10 septembre 2020. Elle était venue écouter, échanger avec les autorités locales ainsi que les leaders religieux et communautaires. Le 8 septembre, chaque leader a rencontré ses fidèles pour recueillir leurs doléances.

Au début, ils ont été réticents à exprimer leurs difficultés dues au conflit. La confiance instaurée, les langues se sont déliées. En la cathédrale Sainte-Thérèse, les catholiques se sont retrouvés dans l’enceinte avec le cardinal Nzapalaïnga; avec l’imam Kobine Layama, les musulmans se sont regroupés dans la salle Sainte-Marie ; les protestants dans la salle François-Xavier avec le pasteur Nicolas Guerekoyame.

La communauté musulmane a dénoncé les discriminations dont elle ferait l’objet dans beaucoup de secteurs : l’école catholique où l’on interdit aux filles le port du voile quand on ne leur coupe pas les cheveux ; le recrutement dans les forces de défense et de sécurité ; la corruption (payer de l’argent aux barrières de Dékoa et de Nguérengou). Quand le bétail des éleveurs détruit les champs, les agriculteurs se vengent en tuant les bœufs. Pour trouver du travail, les musulmans doivent s’inventer des noms chrétiens ! L’imam Kobine a prodigué moult conseils : « Frères et sœurs, dans notre foi, l’entente cordiale est nécessaire. Ayons la force d’aller résolument vers la réconciliation effective. A l’image de l’homme et de la femme dans le mariage, nous sommes liés avec les chrétiens dont Abraham est aussi le père dans la foi. Nous formons une seule famille croyante. Tournons-nous vers Dieu pour que nous trouvions une solution durable à cette crise. Faisons-le en nous donnant des conseils les uns les autres, comme on fait la paix entre frères d’une même maison. Nous ne devons pas nous enfoncer dans la division, mais regarder vers l'avant pour le bien de tous. »

Espérons en Dieu, notre force et notre secours !

La rencontre des catholiques avec le cardinal était axée sur la sécurité, la cohésion sociale et les prochaines élections. Ils se sont plaints de l’insécurité et de ses conséquences : les braquages, le viol des filles par des éleveurs peulhs,  la vie chère, la barrière du pk0, les musulmans qui sont armés et qui ne parlent pas la langue nationale, le sango. L’enrôlement des électeurs est handicapé par le manque d’actes de naissance chez nombre de citoyens. Son Eminence le cardinal Nzapalaïnga a réconforté les cœurs meurtris. « Aujourd’hui, la situation sécuritaire est complexe dans notre pays. Ayons l’espérance en Dieu, notre force et notre secours », a-t-il dit en substance !

Lorsque Nicolas Guerekoyame a rencontré les pasteurs de Kaga-Bandoro, les doléances de ceux-ci étaient presque les mêmes que celles des catholiques. Dans la soirée, les trois leaders de la PCRC ont discuté avec les autorités locales dont le préfet, le sous-préfet et le maire. Le cardinal a mis l’accent sur l’unité nationale dans la diversité tant enseignée par le père fondateur de la Centrafrique, Barthélémy Boganda. L’imam a orienté ses propos sur la cohésion sociale, tout en recommandant d’ « éviter d’imputer à toute la communauté la faute d’un membre. »

Enfin  le pasteur Guerekoyame a exhorté les uns et les autres à « assumer leur responsabilité morale sur le peuple de Dieu. En invitant à la conversion pour vivre dans la vérité, par opposition à l’hypocrisie. Que les autorités locales ne comptent pas uniquement sur la MINUSCA; elles doivent travailler avec les leaders religieux pour le retour de l’autorité de l’Etat en luttant contre les rackets des groupes armés. »

© PCRC-CellCom

Publié par le PCRC