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  Nouvelle / Emission

29/03/2018 - Bangui

Centrafrique, la refondation en question : qui fera le premier pas ?


L'Alliance des Evangéliques de Centrafrique (AEC) est en pleine méditation sur la problématique de la refondation de la nation. Le thème choisi est parlant. Il bouscule les consciences et soulève des questions sur le sens accordé à la notion de refondation. Le choix du terme signifie que cette fondation a existé par le passé et qu'elle a été brisée, sapée, détruite. C'est donc une manière implicite de mettre à l'index des responsabilités qu'il faudra probablement un jour préciser. La crise centrafricaine a une histoire. Elle désigne des personnes physiques et/ou morales qui seront certainement tenues de répondre à des questions très précises que pose le peuple centrafricain qui attend de comprendre les origines de ses malheurs.

Refonder, mais avec qui ?

Si les Evangéliques conditionnent la refondation de la nation centrafricaine à un retour franc vers les valeurs que sont l'amour, le don de soi et l'engagement sincère à servir son pays, en vue du bien-être des populations, cela ne saurait occulter les autres exigences classiques qui ouvrent sur des individus qui ont joué des rôles clés dans la gestion de la chose publique en République centrafricaine, depuis plus d'un demi-siècle. Il y a eu des hommes et des femmes qui ont occupé des postes, pris des décisions, engagé le pays dans des actions qui ont accouché de résultats, tantôt utiles, tantôt inutiles, voire traumatisants pour le reste des populations.

Seulement, dans la gestion qui a été pratiquée au sommet de l'Etat centrafricain, depuis plusieurs décennies, il n'y a jamais eu l'obligation de rendre compte, en dépit de toutes les injustices qui ont affligé des milliers de familles. Partant, les errements se sont accumulés et les conflits ont eu le temps de couver, jusqu'à l'éclatement de la rébellion de 12 décembre 2012.

La notion de refondation, selon l'approche des Evangéliques de Centrafrique implique celle du pardon et du repentir sincères. En d'autres termes, les mêmes qui, hier, ont joué aux casseurs de la République, doivent être en mesure de se remettre profondément en question et de reconnaître le mal qui a été fait. Mais, y aura-t-il, parmi les responsables des différentes entités à l'origine du conflit centrafricain, des gens capables de franchir ce pas ?

Le président de la République centrafricaine, son Excellence Faustin Archange Touadera qui était présent à l'ouverture de cette conférence internationale, a souligné dans son intervention les origines et le long processus de la crise centrafricaine. Une approche qui, au regard de la lecture des Evangéliques, appelle à ce jour, de la part des responsables des mouvements de rébellion, de déposer définitivement les armes, pour prendre une nouvelle direction, celle de la reconstruction, de la refondation de la nation. De même, elle invite les politiques à prendre résolument la décision de choisir la voie du dialogue, de l'entente et de la paix, en lieu et place de celle de la manipulation, de la trahison et de la pyromanie qui se dissimule derrière les groupes armés.    

Ainsi, la crise qui menace aujourd'hui l'unité nationale en Centrafrique, qui a sapé ses fondements, procède d'un long processus ayant créé des sentiments de frustration et de rejet dont l'aboutissement a été l'éclatement de la fraternité, la destruction de la confiance entre les populations, dressées dans des camps opposés. Seule la reconnaissance courageuse des options erronées qui ont tout détruit et la détermination à travailler pour reconstruire, qui donneront l'occasion à la République centrafricaine de renaître de ses cendres. Une question donc toujours posée : qui fera le premier pas ?

© PCRC-CellCom - Albert Mbaya, coordinateur CellCom

Publié par le PCRC