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  Nouvelle / Emission

22/05/2018 - Bangui

CIPP : Nous sommes l'espoir de tout un peuple. Nous ne pouvons ni renoncer ni succomber »


Le 1er mai 2018, la capitale de la République centrafricaine a été secouée par des actes de violence, en particulier un attentat à la paroisse Notre-Dame-de-Fatima, causant une vingtaine de décès et de nombreux blessés ; la vie de certains est encore en danger. Les troubles ont continué les jours suivants : destruction de mosquées, pillage et incendie de maisons. La population de Bangui a cru au retour du spectre infernal des règlements de comptes qui les ont traumatisées entre les années 2014 et 2016.  

Le 16 mai 2018, le consortium CIPP* a organisé à son siège une rencontre d’échanges autour des événements violents qui ont récemment secoué Bangui.

L’un des objectifs de cette rencontre est de constituer une communauté des acteurs de la paix en Centrafrique et de créer un cadre de réflexion, de collaboration et d’échange des expériences sur l’édification de la paix en Centrafrique.

Mermoz Mohamed Bomassa Sonkpe, gestionnaire du projet chargé de la cohésion sociale au CIPP, a présenté une synthèse des points qui ont été abordés à cette occasion : « La rencontre a réuni 20 organisations. Les participants ont réfléchi sur la difficulté de l’édification de la paix. Malgré les efforts déployés depuis plusieurs années, il y a eu résurgence des violences. Mais il est question de voir au-delà de ces violences qui gangrènent la ville ; nous nous sommes demandé ce que, en tant qu’acteurs de la société civile, nous pouvons faire.  Quelle peut être notre contribution ? Face à des événements exceptionnels, nous, en tant qu’acteurs de la société civile, nous devons nous positionner en superhommes. Nous souffrons bien sûr ! Mais, cherchons à trouver les solutions pour aider les frères qui continuent de souffrir. »

Au cours de cette rencontre, les acteurs de la paix ont unanimement décidé de ne pas baisser les bras, car le travail de l’édification de la paix est un travail de longue haleine qui nécessite parfois des répétitions et de la persévérance. Les acteurs réunis au CIPP ont identifié des actions qui vont leur permettre de voir avec leurs partenaires ce qu’il faut développer comme activités pertinentes à mener au sein de leurs communautés respectives. Le plus souvent, les activités proposées tournent autour des services de guérison des traumatismes. Les Centrafricains ayant subi des violences et ayant vécu des situations traumatisantes, il est important de travailler à leur rétablissement mental collectif. Mais, en plus de guérir la société centrafricaine, il faut absolument recréer la confiance intercommunautaire. Mermoz Mohamed Bomassa Sonkpe a déclaré : « Ces activités vont nous permettre de reconstruire l’individu, de pousser la personne à dire : même si je souffre, je peux apporter quelque chose de positif aux autres ».

Depuis l’année 2014, en réaction aux actions destructrices des antibalakas et des Sélékas, les leaders religieux de Centrafrique ont proposé une nouvelle vision pour la Centrafrique : « C’est même à la lumière de ces visions que ces acteurs ont pu identifier les principales activités que mènent aujourd’hui le CIPP, à savoir : la guérison du traumatisme, l’éducation à la paix, la formation sur la cohésion sociale, le dialogue intercommunautaire, le dialogue entre les leaders locaux et les leaders communautaires »,a encore déclaré Mermoze Mohamed Bomassa. Les participants ont émis le vœu d’être formés sur cette vision et ces approches retenues, afin de les vulgariser dans toute la République centrafricaine.

La plupart des activités identifiées lors de cette rencontre seront prochainement intégrées par les organisations participantes dans leurs programmes. « Par exemple,,dit Mermoze Bomassa, la Commission épiscopale Justice et Paix est en train de planifier une sensibilisation de masse. Voilà une activité qui est sortie des propositions en atelier. Et le projet CIPP va l’accompagner. » Mermoze Mohamed Bomassa a encore insisté sur la nécessité de ne pas renoncer au travail en faveur de la paix : « Nous ne devons pas céder à ces violences ni aux manipulateurs. Mais nous devons être assez forts, pour que les autres ne succombent pas. Nous sommes l’espoir de tout un peuple. Nous devons continuer à porter le flambeau. »

* Le Consortium CIPP est constitué de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique, du Catholique Relief Services (CRS), de World Vision, de l’Islamic Relief et d’Aegis Trust. Parmi les vingt organisations « acteurs de la paix », présentes à cette rencontre, quatorze sont financièrement et techniquement accompagnés par le CIPP.

© PCRC-CellCom – Gérard Merlend Ouambou Guela

Publié par le PCRC