Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
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  Nouvelle

20/02/2018 - Bangui

Un geste fort de réconciliation : la visite d'un ancien chef antibalaka à la mosquée Attik du PK5


L'organisation des jeunes volontaires pour le développement dans le 8e arrondissement (OJVD) s'est rendue le 17 février 2018 à la mosquée Attik dans le 3e arrondissement de Bangui. La délégation a échangé avec les autorités musulmanes de la mosquée et le chef du quartier sur la paix et la cohésion. « Il est temps que nous mettions un terme à la crise dans notre pays. Nous reconnaissons avoir mal agi à l'égard de nos frères centrafricains non musulmans et musulmans... », a déclaré Chocolat, le président de l'OJVD.

Cette délégation a été conduite par son président fondateur, connu sous le nom de Chocolat, l'un des anciens chefs antibalaka du quartier Combattant. Cette visite est un message fort d'unité et de paix qu'a voulu lancer ce chef antibalaka qui, il n'y a pas longtemps encore, ne pouvait rentrer dans le 3e arrondissement.

Pour Chocolat, il est temps que les acteurs de cette crise, quelle que soit leur confession religieuse ou ethnique, demandent pardon à la population et œuvrent pour le rétablissement de la paix en Centrafrique : « il est temps que nous mettions un terme à la crise dans notre pays. Nous reconnaissons avoir mal agi à l'égard de nos frères centrafricains. Musulmans et non musulmans. Voilà pourquoi nous sommes venus aujourd'hui, bien qu'en retard, demander pardon à nos frères musulmans pour ce que nous avons fait par le passé. Nous ne voulons maintenant que la paix. Nous espérons que nos frères musulmans vont également faire la même démarche envers les non-musulmans afin que la plaie puisse être totalement cicatrisée », a-t-il déclaré.

En répondant au président de l'organisation, l'imam de la mosquée Attik, M. Ouseini, s'est dit touché par cette démarche de paix et a encouragé tous ceux qui ne sont pas encore impliqués dans cette quête de paix en RCA à suivre ce bel exemple : « une telle initiative est à encourager. C'est important que nous puissions ensemble mettre la main à la pâte pour relever notre pays la RCA ».

Le chef du quartier, Gbayadombia Balla Ibrahim, présent lors de cet entretien, n'a pas manqué de déplorer le fait que des Centrafricains continuent à être tués à l'intérieur du pays. « Cette démarche est à féliciter, a-t-il dit, mais nous ne pouvons parler de paix ici et en même temps rester insensibles à ce qui passe à l'intérieur du pays. Des frères centrafricains qu'ils soient musulmans ou non musulmans continuent à être exécutés. C'est totalement inacceptable. Nous demandons au gouvernement de prendre ses responsabilités, en vue de garantir la paix sur toute l'étendue du territoire national ».

© PCRC-Cellcom - Eustache Michael Mounzatela

 

Publié par le PCRC