Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
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  Nouvelle

18/08/2016 - Boda

Musulmans et chrétiens sont fils d'un seul Père. Ils doivent toujours rechercher la paix


L'Archevêque de Bangui, Monseigneur Dieudonné Nzapalainga déclare que les musulmans et les chrétiens sont des fils d'un seul Père. Il l'a dit au cours de son intervention lors du grand meeting organisé par les Leaders de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique (PCRC) dans l'enceinte de la Mairie de Boda. Ce grand meeting a mis fin à leurs activités dans cette localité. Au cours de ce rassemblement, chaque Leader a pris la parole pour sensibiliser la foule aux valeurs spirituelles, de paix et du vivre ensemble.

L'archevêque de Bangui, premier intervenant, très enthousiasmé devant une foule composée de toutes les communautés vivant à Boda et qui a bravé la pluie battante pour être à ce rendez-vous, a rappelé à la population de la ville Boda que les chrétiens et les musulmans sont fils d'un seul Père. « Nous sommes tous fils d'un seul Père. Pour nous chrétiens, la Bible parle d'Abraham. Abraham est le père de la foi, qui a écouté l'appel de Dieu et a tout laissé pour le suivre. Il est allé là où Dieu l'a envoyé. Dieu lui dit, qu'Il va lui donner une multitude d'enfants. Nous pouvons trouver cette promesse chez les juifs dans la Thora), chez les chrétiens dans la BIBLE et chez les musulmans dans le CORAN. C'est pourquoi je dis qu'il est notre père dans la foi. Tout le monde le connait, là où il était, il a fait le choix d'adorer un seul Dieu, malgré les multitudes des dieux qui existaient ». Il existe un seul Dieu avec différentes manières de l'adorer : « chaque fois nous disons être de la religion du livre, ce sont les  livres de Dieu qui s'unissent pour faire connaitre un seul Dieu alors que le chemin de le suivre est diffèrent mais nous avons un seul Dieu ». Il a exhorté la population de Boda à ne plus faire couler le sang de leur frère. «  Quand vous lisez dans la Bible, il y a un enfant Caïn qui a un frère, qui s'appelle Abel. Arrivé un moment, Caïn a tué son frère Abel tout en pensant que personne ne l'a vu, mais Dieu l'a vu et lui a dit, …, c'est ton frère que tu viens de tuer… c'est ton frère tu dois vivre ensemble avec lui parce que Je Suis Un et vous êtes des frères ». Dieudonné Nzapalainga appelle cette population à la vigilance contre les gens qui n'aspirent qu'à leurs désirs égoïstes. « Que personne ne te pousse à tuer ton frère parce qu'il est de l'autre confession religieuse que toi ». Ce dernier a mis en garde  la population de Boda de ne plus se regarder en ennemi : « Ne regarde plus ton frère comme ton ennemi, nous sommes tous enfants d'un même père. Si tu places ta confiance en Dieu, tu dois respecter ses lois et faire ce qu'il te demande. Certaines personnes se disent enfant de Dieu, mais leur comportement ne le reflète pas, en commençant par nous les leaders religieux jusqu'à nos fidèles. Alors que Dieu est venu exhorter son peuple à son respect, au respect ses proches. Dieu a créé l'homme à son image, je vous en prie à partir d'aujourd'hui, ne tue plus ton frère, ne le détruit pas, ne lui fait plus du mal » a insisté l'Archevêque. Monseigneur Dieudonné Nzapalainga pense que c'est l'ignorance qui avait poussé cette population à s'entretuer. Il les encourage à l'amour du prochain. « Puisque tu as écouté cette parole aujourd'hui, ne fais plus du mal à ton frère car hier tu étais aveugle c'est pourquoi tu lui as fait du mal mais, aujourd'hui au nom de Dieu, je vous conjure de ne plus vous entretuez mais de vous aimer les uns et les autres ».

C'est à cette condition que la paix peut revenir malgré toutes les souffrances vécues par chacun durant la crise. Des maisons ont été incendiées, des biens des personnes ont été détruites, des pertes de vies humaines ont été enregistrées. Cela a pour conséquences l'absence de soins adéquats, la fermeture des écoles, la séparation des communautés. Poursuivant son intervention, monseigneur Nzapalinga interpelle cette population à la préservation de la paix. « Tu vas au chantier tu trouves de l'argent, tu vas à l'hôpital on te soigne, à l'école tu étudies, au marché tu vends tes marchandises, etc… parce qu'il y a la paix tu peux vaguer à tes occupations quotidiennes mais au moment où il n'y a pas de paix, tout le monde n'est plus libre, nous ne savons pas ce qui nous arrive. Je pense c'est ce qui était arrivé dans notre ville de Boda. Pendant l'absence de paix, nous ne savons pas ce qui nous arrivait. Nous avons erré par ci par là, nous avons bu de l'eau que jamais nous avons bue, il est difficile pour nous de trouver à manger, d'aller à l'hôpital parce que la paix nous a quitté. Nous avons les yeux rougis contre nos frères ». La population de Boda doit accepter la paix comme un don de Dieu « …. Car la paix est le nom de Dieu. C'est Dieu qui donne la paix. Si tu es croyant, n'accepte que la paix qui vient de Dieu ».

Particulièrement aux chrétiens l'Archevêque a rappelé que « hier, nous étions ignorants, nous avions considéré nos frères comme des ennemis, nous les avions poignardés, nous avions tiré contre eux, ils ont des blessures intérieures, ils ont envie de se venger.  Aujourd'hui, en écoutant la parole de Dieu au nom de la paix, nous devons humblement nous unir avec nos frères à la recherche de la paix.  Par le sang versé du Christ sur la croix, nous sommes devenus tous frères.  C'est Jésus qui nous a donnés la paix par son sang versé, il a fait de nous un seul peuple. Il n'y a plus des juifs, des païens et des esclaves, nous sommes un seul peuple. Si un de tes membres souffre, les autres sont malades. Si ton frère souffre, tu dois souffrir avec lui ». Le Prélat a rappelé aux et aux autres de ne pas se laisser influencer par l'idée d'une crise interconfessionnelle : « Que personne ne vous trompe que cette crise est interconfessionnelle, car dans la Bible et le Coran, il est interdit de tuer un homme. Si tu veux continuer de tuer ton prochain sous prétexte que c'est au nom du Coran et de la Bible, nous te demandons d'arrêter les massacres car Dieu est contre. Si tu as ton intérêt dans cette crise, ne le mêle pas avec la parole de Dieu ». Selon ce prélat, les religions doivent se mettre ensemble pour rechercher la paix, il voulait faire allusion au renforcement de la Plateforme des Confessions Religieuses de la ville de Boda «  que personne ne vous trompe, la recherche de paix n'est pas travail d'une seule personne, tous nous devons conjuguer nos efforts. C'est Dieu qui donne la paix, Il demande que les religions se mettent ensemble à la recherche de la paix ; Imam Oumar Kobine des musulmans, Pasteur Nicolas Guerekoyame des protestants et moi-même Mgr Dieudonné Nzapalainga des catholiques sommes mis ensemble pour parler d'une seule voie afin de sauver la vie du peuple Centrafricain ». Incitant les auttres à reconnaître leurs erreurs et à se tourner vers Dieu miséricordieux, l'Archevêque lance un dernier message : « l'erreur est humaine. C'est vrai que nous nous sommes trompés de chemin, nous avons pensé nous venger pour le mal qu'on nous a fait, malheureusement que, celle-ci ne nous a pas bénéficié au contraire, elle blesse de plus en plus notre cœur. Mais Dieu est venu pour nous dire qu'Il est le seul à pansé nos blessures » Il poursuit que « certaines personnes pensaient que les musulmans et les chrétiens ne seront plus ensembl. Mais aujourd'hui, ils sont ensemble, mangent ensemble. Nous prions qu'ils circulent librement. Nous prions que les chrétiens s'entendent avec leur frères musulmans et les musulmans avec leur frères chrétiens, car personne qu'eux ne viendra développer la ville de Boda ». Et il conclut : «… si vous êtes unis, la Paix, une grande richesse, deviendra réelle dans votre vie, celle de vos enfants et dans la ville de Boda. Cette paix franchira vos regards, vos paroles et vos comportements. Détournez-vous de la mauvaise voix que vous aviez empruntée, car c'est la voix qui mène à la mort ».


 
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