Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
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  Nouvelle

15/01/2017 - Bangui

Message des Eveques de Centrafrique a l Eglise famille de Dieu, aux hommes et aux femmes de bonne volonte


Les Evêques ont commencé par leurs vœux de paix, de joie, de miséricorde, de prospérité, de dialogue et de réconciliation aux Centrafricains. Le Secrétaire Général de la Conférence Episcopale de Centrafrique, Père Joseph Tanga Kouti, a ressorti les grands thèmes que les prélats ont débattus durant leur assemblée plénière qui s’articulent autour des questions concernant la vie du pays et de l’Eglise. Il a déroulé les bienfaits de l’année de miséricorde qui a été marquée par la visite pastorale historique du Pape François que l’Eglise, famille de Dieu,  continue de savourer. Il s’agit entre autres, de la tenue des élections générales apaisées, la signature de l’accord cadre entre le Saint Siège et la République Centrafricaine sur des matières d’intérêts communs, la création de Son Eminence Dieudonné Cardinal Nzapalainga, l’engouement pour les festivités de fin d’année pour ne citer que ceux là. D’autre part, les évêques de Centrafrique  ont constaté  que la vie des populations dans de nombreuses préfectures n’a pas grandement changée en matière de justice, de dialogue et de réconciliation. Les prélats apprécient les efforts qui se font en faveur de la paix par la communauté internationale, mais déplorent la superficialité du processus de dialogue et de réconciliation qui est amorcé. Ils ont par ailleurs rappelé qu’à deux reprises leurs messages ont porté sur le dialogue ou la réconciliation d’une part, et de mise en garde contre le désordre que pourrait engendrer tout déficit de dialogue social, toute complaisance dans la culture de la médiocrité, de la corruption, de l’impunité, du népotisme, de la haine et de la violence que la paupérisation, voir tout simplement la déliquescence du pays engendrait, maintenait ou affermissait d’autre part.

Selon les prélats, la République Centrafricaine traverse aujourd’hui une période pleine de contraste, présentant à la fois des ombres et des lumières. Selon le message pastorale des évêques,  cette période est sombre parce que plus de la moitié du pays échappe à l’autorité de l’état. Dans certaines régions, les représentants de l’état sont présents à titre figuratif, des forces armées non conventionnelles y règnent en maître, dictant leurs lois, défiant l’autorité de l’Etat et les forces Onusiennes présentes dans ces régions. Ils ont cité le cas de Koui, Paoua, Kaga Bandoro, Mbrès, Bambari, Alindao, Nzako, Mbouki, Béma, Poudjo, etc. Au regard de cette triste réalité que continuent de vivre ces populations, s’ajoutent les cas de braquages et pillages, des maisons brûlées et des personnes calcinées à Kaga Bandoro, à Bambari et à Alindao. Ils ont également cité des cas de justice populaire par exemple à M’Baïki, des prises d’otages fréquents par les éléments de la LRA, le cas de l’Abbé Bienfait Walibanga, kidnappé le 20 décembre 2016 à Kono dans la sous-préfecture de Bakouma et qui a réussi à s’enfuir. Les rackettes sur les barrières légales tenues par les forces de défenses et de la sécurité intérieures fraichement redéployées sur le terrain, telle est la même pratique constatée dans les zones tenues par les groupes armés non conventionnels. Les conflits entre agriculteurs et éleveurs qui écument les régions du pays, ces éleveurs qui sont lourdement armés ; le cas de Niem Yéléwa et de Kaga Bandoro, enfin, le trafic illégal des armes.

Dans leur message, les évêques s’interrogent sur la destination ou la gestion des richesses forestières et minières du pays. Ils déplorent le manque cruel de personnels qualifiés dans le domaine de la santé et de l’éducation à l’intérieur du pays et l’inefficacité de certains contingents Onusiens et certaines forces spéciales sur le terrain qui jouent le rôle de pompiers ou d’ambulanciers après les drames.

En dépit de tous ces maux qui paralysent la quiétude de la population centrafricaine, les évêques espèrent en l’avenir du pays. Car selon eux, il y’a une lueur d’espoir qui se pointe à l’horizon. On peut alors parler de cette période lumineuse qui s’annonce prometteuse pour notre pays. Il s’agit d’abord de la visite du Saint Père qui a donné le signal du temps de la réconciliation. Cela a aboutit à l’organisation des élections générales apaisées et acceptées par tous.  Les membres de la CECA saluent la maturité des hommes politiques de la Centrafrique qui ont unanimement accepté le vérdict des urnes.

Ils saluent également les efforts qui se font de part et d’autre pour le relèvement et la reconstruction de la RCA. Le cas de l’Union Sacrée autour des discussions avec les bailleurs de fonds à Bruxelles qui a permis la promesse de déblocage de fonds pour le relèvement économique du pays, la restauration de l’autorité de l’Etat déjà dans certaines préfectures, le redéploiement des forces de défense et de sécurité dans certaines régions. Des efforts de reconstruction des routes et édifices publics sont en cours. Le retour de certains déplacés dans leur quartier. Ceux-ci ont témoigné leur gratitude à l’Eglise Universelle à travers le Saint Père pour la tenue de sa promesse, pour la construction d’un nouveau bâtiment au Complexe Pédiatrique à Bangui et la nomination d’un Evêque Coadjuteur à Bambari.

L’assemblée plénière des Evêques de Centrafrique se tient deux fois l’année, en  janvier et en juin dans un diocèse choisi. Pour cette année, elle s’est tenue à Bangui du 5 au 15 janvier 2017. La République Centrafricaine compte 9 diocèses pour neuf évêques. Récemment le Saint Siège a nommé un  évêque coadjuteur qui sera sacré le 25 mars 2017 à Bangui.



 
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