Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
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  Nouvelle

19/08/2016 - Boda

Les leaders religieux de Centrafrique appellent la population de Boda au respect des droits de l'homme


Les communautés de Boda se sont divisées pendant les évènements qui ont secoué la République Centrafricaine ces trois dernières années. La communauté musulmane s'est retranchée à l'entrée de la ville de Boda à l'arrivée de Bangui. Les non musulmans quant à eux, se sont repliés de l'autre côté de la ville. Ces deux communautés se regardent en chien de faïence. La mission de deux jours effectuée du 02 au 03 août 2016 dans cette localité par les leaders religieux de Centrafrique, a donné l'occasion de faire tombée cette barrière. Les  musulmans et les non musulmans se sont mis ensemble pour parler de la paix, du vivre ensemble et de la réconciliation en présence de ceux-ci. Au cours du meeting de sensibilisation que ces dignitaires religieux ont organisé sur le terrain de la municipalité, l'Imam Omar Kobine Layama, président de la Communauté Islamique de Centrafrique (CICA) et Président du Conseil d'Administration de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique (PCRC), a lancé un message du respect au principe de droits de l'homme.

Au début de son intervention, l'Imam a dit sa satisfaction de voir la population de Boda se retrouver ensemble sur le même endroit. Il a souligné que ce rassemblement sera bénéfique pour les habitants de Boda : « Le rassemblement d'aujourd'hui sera bénéfique pour la population de Boda. Je pense qu'à partir d'aujourd'hui les limites existant entre les communautés seront brisées comme le mur de Berlin ». Selon ce dernier, les limites créées par les deux communautés empêchent la bénédiction de Dieu sur la ville : « …cette limite empêche la bénédiction de Dieu sur vous, sur vos familles et sur votre communauté ». En poursuivant, le Président du Conseil d'Administration de la PCRC indique que dans les trois livres de Dieu, il n'y a que des appels au respect des droits de l'homme. « La Bible, le Coran et la Thora, ces trois livres prônent les principes de droits de l'homme ». Citant en référence des passages du Coran et de la Bible, l'Imam poursuit : « Dans le chapitre du voyage nocturne, Dieu a dit ‘'j'accorde la noblesse aux enfants d'Adam''. Cette noblesse nous exige de ne pas insulter, préméditer, tuer, détruire les biens de nos prochains ou de limiter la liberté de son prochain. Aussi dans la Bible dans les dix commandements que Dieu a donné à son peuple, il est dit ‘' tu aimeras ton prochain comme toi-même'' ». De ces deux citations, poursuit Oumar Kobine, nulle part Dieu n'a dit 'j'accorde la noblesse seulement aux musulmans'' ou bien, ‘' tu n'aimeras que ton prochain chrétien comme toi-même''. Nous sommes tous des descendants d'Adam. Cette promesse est pour les musulmans et non musulmans ». Il a aussi rappelé la devise de notre pays que Dieu a inspiré à notre Président Fondateur pour nous la donner afin que chacun puisse respecter son prochain. « Dans la devise de notre pays, le Président Fondateur Barthelemy Boganda nous a dit ‘'Unité, Dignité et  Travail''. C'est Dieu qui lui a inspiré pour que chacun puisse respecter son prochain. Aujourd'hui nous avons perdu toutes ces valeurs pour faire autre chose ». Ne pas respecter ces valeurs, pousse les communautés à des comportements animaux or, a-t-il rappelé, nos ancêtres qui ne connaissaient pas Dieu avaient des comportements plus humains. « Dans la religion de nos ancêtres (NGAKOLA, YAMBISSI, NGARKE, etc.) il est interdit de voler, de tuer son prochain, de convoiter la femme de son prochain.  Tous ces principes constituent les principes des droits de l'homme. Malgré qu'ils fussent dans l'ignorance, ceux-ci respectaient ces lois. Or, de nos jours, les gens sont « civilisés » (ils ont été à l'école et ils sont croyants) mais considèrent toujours leur prochain comme des animaux. Nous sommes venus vous rappeler à l'ordre et vous pousser vers l'avenir de votre ville ». Par ailleurs, l'Imam Omar Kobine Layama, se pose la question de savoir Où est ce que les croyants de Boda ont laissé les principes de droits de l'homme existants dans la Bible et le Coran ? Pourquoi ne devraient-ils pas les mettre en pratique ? « Ces comportements empêchent Dieu de vous bénir, de bénir vos familles et votre ville de Boda. Vous devriez vous unir maintenant pour développer votre ville, ainsi, Dieu vous bénira vous, votre maison, votre famille et la ville de Boda ». Pour en finir, le Président du Conseil d'Administration de la PCRC confie aux croyants de Boda chaque mal commis à son prochain, c'est à soi-même qu'on le fasse.

Insistant sur le fait que certains actes sont posés au nom de la religion, l' résident du Conseil d'Administration de la PCRC se désolidarise de cette affirmation. Pour ce dernier, les actes terroristes et intégristes commis par certaines personnes se réclamant appartenir à l'Islam tel que Boko Haram, Akmir, Frères Musulmans ne sont pas prescrits par le Coran, ils sont les ennemis de l'Islam. Il a aussi rappelé les positions prises par les leaders religieux de Centrafrique durant la crise. « … quand les Séléka sont entrés à Bangui, 5 jours après j'ai fait une déclaration à la radio pour dénoncer leurs actes anti coraniques. De même, quand les Anti Balaka commençaient, Monseigneur et le Pasteur ont critiqué ouvertement ces comportements ». Il déclare qu'un vrai et bon musulman ne se confie qu'à Dieu seul « un vrai musulman ne doit pas mettre des amulettes pour se protéger car c'est Dieu seul qui veille sur son peuple ». Selon ce dernier, chacun doit être responsable de son acte au lieu de l'attribuer à la religion. « si les Séléka commettent des forfaits, je ne dirai pas que c'est un musulman, de même si ce sont les Anti Balaka je ne dirai pas que ce sont des chrétiens car aucune religion ne prône la haine, la guerre. Un musulman est l'ambassadeur de la paix ». le Président du Conseil d'Administration de la PCRC condamne et déclare ennemi de la ville de Boda, ceux qui continuent de manipuler ces deux communautés : « Nous déclarons ennemis de la ville de Boda, toute personne quel que soit son rang et grade là où elle se trouve et qui continu de manipuler cette population à la guerre ». Il appelle ceux-ci à la repentance « le Dieu déclare dans le Coran ‘' je changerai le comportement d'un peuple si celui-ci accepte ce changement''. Donc si vous changez votre comportement, la crise disparaitra parmi vous, vous serez capable d'éradiquer les maladies qui sévissent parmi vous ».  Il rappelle les biennfaits qu'un pardon sincère pu apporter. « Nous devons pardonner. J'ai été victime des actes des Sélékas cela ne m'a pas empêché de pardonner à ceux-ci. Ainsi par l'exemple que j'ai donné, certains musulmans se posent la question de savoir comment j'ai fait, et je leur dit que c'est la volonté de Dieu sur moi. Le pardon nous fortifie, nous éclaire, augmente notre foi, le pardon nous permet d'aller au paradis ».

« Nous avons l'antenne de la PCRC dans votre localité, donc si vous pouvez passer une fois par semaine pour écouter les conseils de ceux-ci afin de vous réconforter. Ils vont nous relayer dans le travail que nous sommes en train de faire » a conclu l'Imam Oumar Kobine Layama.

Soulignons que la troisième personne a prendre la parole au cours de ce grand meeting est le Pasteur Ferdinand Grézokoy, Président du Synode de Bangui, représentant le Révérend Pasteur Nicolas Guérékoyamé-Gbangou, président de l'Alliance des Evangélique en Centrafrique (AEC). Du fait de la pluie, la réalisation technique de son intervention n'a pas été possible.

Environ un millier de personnes issues des différentes communautés de Boda sont venues écouter les messages des leaders religieux. Alors que les rumeurs couraient qu'il n'était pas possible à l'une ou l'autre communauté de se côtoyer, de franchir une certaine « ligne », ce meeting a été un exemple et un signal fort que les différentes communautés de Boda, peuvent revivre normalement ensemble.


 
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