Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
Pour la Paix et la Cohésion Sociale par une approche interreligieuse
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  Nouvelle

24/11/2016 - Rome (Italie)

Les leaders religieux centrafricains se rejouissent de leur initiative d unite et de paix.


Dans un témoignage lors d'une intervention au siège de la communauté de Sant'Egidio, très impliquée dans le dialogue interreligieux et qui a souvent joué un rôle de médiateur dans des conflits et publiée par Urbi Orbi Africa de Rome, le Cardinal Dieudonné Nzapalainga souligne que « Plus on parle, plus les masques tombent ».

S'exprimant aux côtés de l'imam Omar Kobine Layama, président de la Communauté Islamique Centrafricaine et du pasteur protestant Philippe Sing-Na, membre de l'Alliance des Evangélique en Centrafrique, le cardinal a rappelé l'importance de la visite du pape François l'an dernier à Bangui, où il est allé à la rencontre tant des catholiques que des musulmans.

Selon lui, « Le pape a touché les cœurs » lorsqu'il s'est rendu au PK5, quartier commercial de Bangui habité par de nombreux musulmans, devenu leur refuge au plus fort des affrontements entre rébellion Séléka, à majorité musulmane, et milices chrétiennes anti-balaka ».

Les responsables religieux catholique, musulman et protestant de la République centrafricaine (RCA) ont célébré lundi à Rome les vertus de leur dialogue qui, assurent-ils, commence à porter ses fruits surtout chez les jeunes. Intervenant aux côtés de l'imam Layama, président de la communauté musulmane de Centrafrique, et du pasteur protestant Philippe Sing-Na, le cardinal a rappelé l'importance de la visite du pape François l'an dernier à Bangui, où il est allé à la rencontre tant des catholiques que des musulmans. « Le pape a touché les coeurs" lorsqu'il s'est rendu au PK5, quartier commercial de Bangui habité par de nombreux musulmans, devenu leur refuge au plus fort des affrontements entre rébellion Seleka, à majorité musulmane, et milices chrétiennes anti-balaka, a assuré Mgr Nzapalainga.

De son côté, le pasteur Sing-Na a rassuré que « La flambée de violences n'est "pas une crise religieuse" mais, a-t-il poursuivi, ce sont "des gens sont venus pour nous pousser à la violence ». L'Imam Oumar Kobine Layama a renchérit que « Le problème du développement reste crucial ».

Et le cardinal de compléter que « La mal-gouvernance a joué un grand rôle ».

Il souligne également que le dialogue interreligieux en Centrafrique a permis de « de soustraire tant de jeunes à la propagande manipulatrice visant seulement à l'affrontement ».

Dans un témoignage au sujet d'une de ses tournée à l'intérieur du pays, le cardinal Dieudonné Nzapalainga témoigne la miséricorde de Dieu opérée à un jeune anti balaka au cours de ses missions dans le cadre de la PCRC pendant les événement les plus difficiles que la Centrafrique a connu. « J'étais arrivé dans un village où régnait un jeune anti balaka qu'on appelait général, qu'on disait c'est un grand tueur. Ce jeune, en sachant que je devrais venir, a dit à tout le monde : ‘'je veux que Monseigneur dorme dans ma maison''. Qui peut refuser quelque chose à un général, qui a les armes. Ce qui s'est passé, en venant, je suis allé dormir dans sa maison. Et je l'ai dit à tout le monde, ce jeune, qui dit Monseigneur va dormir chez moi, il parle comme Zachée. Je lui ai dit aujourd'hui tu n'es plus général, tu es Zachée. Tu dois maintenant enterrer tes armes et restituer les biens d'autrui et faire du bien ». Quelques mois plus tard, repartant dans ce village, quelle est sa joie d'apprendre que ce jeune a changé. « …un an après, quand je suis reparti, on m'a dit que ce jeune a changé. Quelle a été ma joie » !

Le Saint Père François a créé samedi 19 novembre 2016 au cours du consistoire ordinaire au Vatican, Monseigneur Dieudonné Nzapalainga, Archevêque de Bangui comme Cardinal. Le nouveau Cardinal Centrafricain se dit satisfait de cette création. « La miséricorde est à l'œuvre chez moi, en République Centrafricaine, malgré la situation de crise que traverse mon pays. Dieu, à travers le Pape François, a un regard de miséricorde sur nous ».

C'est depuis 2013 qu'une rébellion nommée Séléka et venant du nord de la République Centrafricaine, a chassé le président François Bozizé du pouvoir le 24 mars. Face aux exactions commises par ces rebelles à majorité musulmane, une milice dite « chrétienne » nommée « Antibalaka » s'est mise en place pour s'opposer aux « envahisseurs ». Cette contre-offensive continue de provoquer des exactions de part et d'autres, divisant ainsi les Centrafricains.

C'est dans cette optique que les leaders religieux catholique, protestant et musulman se sont mis ensemble pour démontrer que la crise en Centrafrique n'est pas « interreligieuse » mais plutôt sociopolitique. A titre d'illustration, le fait qu'ils sont ensemble pour dénoncer les dites exactions et plaident pour le retour de la paix dans leur pays.

Les différentes interventions de ces leaders dans certaines villes du pays notemment à Boda, Nola et Berbérati en août dernier et à Kaga-Bandoro en octobre dernier ont permis aux leaders de comprendre que la Plateforme des Confessions Religieuse de Centrafrique (PCRC) est une voix qui porte et qui contribue énormément au dialogue entre les Centrafricains de tout bord, ceci pour une ouverture vers la paix et le revivre ensemble.

La République Centrafricaine, un des pays les plus pauvres du monde peine à se relever depuis la succession des crises qui la frappe malgré l'intervention de la France à travers l'Opération Sangaris (qui a pris fin le 30 octobre 2016) et la présence des casques bleus des Nations unies. Une présence jugée par la plupart des Centrafricain de « passive » car selon eux, cette force onusienne ne remplit pas sa mission première, celle de protéger la population civile. Les casques bleus sont accusés de « croiser les bras » face aux hommes armés qui tuent, pillent, incendient et commettent toute forme d'exactions « sous leurs yeux », d'où l'organisation d'une « journée ville morte » par une branche de la société civile le 21 octobre dernier, Journée internationale des Nations unies.



 
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