Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique - PCRC
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  Nouvelle

28/11/2016 - Bangui

La paix et la cohesion sociale doivent revenir de le troisieme arrondissement de Bangui dixit Imam Aliou Housseini, Imam de la mosquée Al Attik du pk5


Les responsables religieux trouvent la raison de cette rencontre dans la situation de violence dont fait montre leur arrondissement. Ils rappellent qu' après la chute du Président Michel   Djotodja , la plupart des éléments de l'ex Séléka se sont réfugiés dans cette zone commerciale et font régner la terreur. Toujours selon ces responsables religieux, le mois d'octobre 2016 a été marqué au pk5 par l'assassinat du Commandant Mambéka des FACA. Ce crime a été suivi quelques jours plus tard d'un affrontement entre de petits groupes armés, ce qui a entrainé la mort des innocents.

Selon   Aliou Housseini, troisième vice-président de la Communauté Islamique Centrafricaine (CICA) et Imam de la mosquée Al Attik du kilomètre cinq, « cette rencontre nous a permis de dire la vérité à chacun de nous et de faire comprendre à nos frères qui continuent de verser le sang des autres que les armes ne peuvent pas résoudre tous nos problèmes . C'est par le dialogue et la compréhension que nous aurons la solution à cette crise. Nous devons désarmer nos cœurs des mauvaises pensées et des actes qui n'honorent pas Dieu ».

L'Imam poursuit que la libre circulation des personnes et des biens est entravée par les actes crapuleux des groupes armés présents dans le 3è arrondissement. « Chaque centrafricain est libre d'aller là où il veut et faire ce qu'il veut. Mais il est difficile en ce moment d'aller au marché kilomètre cinq voire même dans les quartiers périphériques faire des achats, à cause de l'insécurité. C est ainsi que lors de cette compagne de sensibilisation sur la paix nous avons demandé a ceux qui détiennent les armes de ne plus en faire usage pour que chaque centrafricain puisse circuler librement car trop c'est trop ! ».

Des entretiens qui ont eu lieu, les participants ont insisté sur le fait que la République est une, indivisible et laïque. Chaque Centrafricain a le droit de vivre selon sa religion sans être inquiété comme le confirme l'Imam Housseini. « Nous sommes tous fils et filles de ce pays, chrétiens et musulmans. Pourquoi la guerre et tout ce que nous vivons aujourd'hui ? Il est temps maintenant que tous les croyants se lèvent pour dire ‘ça suffit !'. Nous devons tous tenir le même langage pour dire aux personnes armées, cessez ! Arrêtez cette barbarie ! Revenez à la raison pour que la paix revienne en Centrafrique ».

Les responsables religieux présents à cette rencontre trouvent là l'occasion de soutenir les actions de la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique à l'exemple des trois leaders qui ne cessent d'aller partout en Centrafrique prêcher la paix, la cohésion sociale et le vivre ensemble. « Nous les démembrements de la PCRC devons prendre le relais, annoncer le même message pour que les cœurs s'apaisent et que la paix revienne définitivement dans notre beau pays la République Centrafricaine ».

Le troisième arrondissement de Bangui est reconnu comme étant le poumon économique de la République Centrafricaine. A ce titre, toute perturbation dans le secteur entraîne de facto des conséquences sur l'approvisionnement des produits de commerce, les prix des denrées alimentaires, la baisse des impôts…

Au fort de la crise, les musulmans habitant cet arrondissement ne pouvaient pas sortir. Les grands commerçants ont perdu leurs capitaux du fait de ne pas pu exercer pendant longtemps, surtout qu'ils étaient obligés par les hommes armés de leur verser chaque jour des primes pour « assurer leur sécurité ». Les populations ont fini par comprendre qu'ils sont devenus otages des hommes armés. Plusieurs fois, les habitants des autres quartiers ont souhaité que cet arrondissement soit désarmé car, selon eux, seul ce désarmement peut libérer la zone et permettre la reprise d'une vie normale pour ses habitants et de faciliter les échanges commerciaux. Mais de l'avis des autres, désarmer le pk5 pourrait susciter des scènes de vengeances et de violences de la part des habitants des autres quartiers.

Depuis quelques semaines, le Chef de l'Etat Faustin Archange Touadéra a lancé officiellement les travaux du processus DDRR (Désarmement, Démobilisation, Réinsertion, Rapatriement), un processus qu'il considère comme l'ultime voix pour rétablir la sécurité dans le pays. Encore que ce processus a du plomb dans l'aile et certains observateurs de la vie centrafricaine se posent la question de savoir si ces opérations réussiront surtout du côté des éléments de l'ex-Séléka.



 
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